Le Collectif des travailleurs du programme de lutte contre la mendicité à Nouakchott adresse une lettre ouverte au Président de la République

Le Collectif des travailleurs du programme de lutte contre la mendicité à Nouakchott a adressé une lettre ouverte au Président de la République pour lui faire part de leur calvaire qui ne finit plus depuis plus d’une année.

En effet, non seulement ils ont été ignorés par l’ex-Commissaire désormais sous les verrous, dans le nouveau programme de lutte contre la mendicité mais aussi ils ne perçoivent même plus leurs maigres revenus depuis plus d’une année.

Ci-après l’intégralité de cette lettre ouverte :

COLLECTIF DES TRAVAILLEURS DU PROGRAMME DE LUTTE CONTRE LA MENDICITE A NOUAKCHOTT

A l’attention de Monsieur le Président de République

Nous estimons utile d’attirer votre attention aux faits ci-après :
Le programme de lutte contre la mendicité à Nouakchott au près duquel nous réclamons nos droits est un programme de l’Etat autonome et ne se confond pas avec la Commission des Mosquées et Mahadhras quand bien même cette ONG est chargée de son exécution, et ce pour les raisons suivantes :

1- L’administration du programme était assurée par un Comité Interministériel présidée par le Ministre de l’Intérieur et un comité de Pilotage présidé par le Wali de Nouakchott, et lorsque l’ancien Commissaire aux droits de l’Homme avait voulu la voix de la gabegie et de la mauvaise gestion, il avait marginalisé tous les partenaires officiels sans en informer l’Etat et a géré unilatéralement le programme à sa manière, repoussant à maintes reprises les interpellations des parlementaires au sujet de ce qui se passait au programme de lutte contre la mendicité, comme recrutement abusifs et détournement de deniers publics, ce dont il a fini par récolter le résultat au nom et à la place du groupe, dans le Commissariat qui lui a préparé la besogne.

2- L’ensemble des locaux qu’occupe le programme sont loués par l’Etat et sont payés sur les ressources du programme.

3- Le compte bancaire du programme a été ouvert à son nom à la Banque centrale de Mauritanie et à la banque Albaraka, sur ordre des autorités publiques.

4- Nous, en temps qu’employés, nous sommes plus d’une quarantaine à avoir été recrutés par le programme, sur contrats dûment signés de son Coordinateurs légal, sur entête du programme, et sous le contrôle, le suivi et la supervision des organes de l’Etat.

5- Nos salaires et nos droits sont consignés dans nos contrats de travail sur le budget du programme et ne relève d’aucune autre institution.

6- Le Commissariat aux Droits de l’Homme nous avait reconnus en temps que travailleurs du programme dès sa prise de tutelle en début 2009, a continué sans interruption à nous verser nos salaires durant les quatre premiers mois 2009, et a su profiter de notre longue expérience (9ans) pour éviter de recruter de nouveaux travailleurs.

7- L’ensemble de nos salaires tels que nous les avons perçus ne représentent pas 20% des salaires payés actuellement aux nouveaux travailleurs recrutés par l’ancien Commissaire dans le cadre de sa gestion unilatérale.

8- Nous n’avons jusqu’à présent reçu aucun avis de rupture du contrat de quelle que nature que ce soit.

9- Nous n’avons jamais quitté les locaux du programme pendant les heures de service et c’est au 15 août dernier que le Commissariat avait procédé à la récupération de tout le patrimoine du programme, à savoir les véhicules, les bureaux et le matériels y afférent ainsi que les stocks, et c’est nous qui leur avons remis tout ce patrimoine qu’elle a jusque là refusé de récupérer.

10- Le Comité Interministériel qui a dernièrement été chargé par le Président de la République de résoudre le problème du programme de lutte contre la mendicité n’a pas parlé du personnel dans son projet de procès-verbal, alors que le problème du personnel est posé depuis longtemps ; il s’est contenté de résoudre les arriérés de la Commission des Mosquées et des Mahadhras pour la gestion du programme pour l’année 2009 et le montant objet de cet accord ne couvre que les salaires du personnel pour 2009.

11- Soucieux de l’efficience d’une solution amiable, et sur demande du nouveau Commissaire, nous avons accepté en accord avec ce dernier la soumission aux recommandations de la Commission de médiation aussi bien en ce qui concerne nous les travailleurs qu’en ce qui concerne le Commissariat.

Malheureusement, l’équipe de l’ancien Commissaire, encore au levier des commandes a empêché le nouveau Commissaire de tenir ses engagements, arguant qu’une reconnaissance des droits de ces travailleurs avec des salaires dérisoires sera un désaveu pour eux qui ont induit l’ancien Commissaire dans cette erreur qu’il considèrent, à juste titre, la leur, que ceci les exposera à devoir s’expliquer, et entrainera sans doute le congédiement de leurs parents et proches ayant profité de ce sabotage.

LES REPRESENTANTS DES TRAVAILLEURS DU PLCMN

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