TASIAST MLTD : Un travailleur licencié sans motif valable

TASIAST MLTD a engagé M. Mamadou Amadou Touré en qualité de cuisinier le 29 juin 2010. Il travaille souvent dans des conditions difficiles moyennant un revenu mensuel de 151.829. Après des mois de bons et loyaux services, il a été licencié sans aucun motif valable. Après ce licenciement, considéré comme abusif, il a décidé de saisir le Syndicat National des Travailleurs de Service (SNTS) affilié à la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM) pour recouvrer la totalité de ses droits. M. Touré également décidé d’adresser une plainte auprès de la Direction Général de l’entreprise pour expliquer ses déboires.

Voici le contenu de cette plainte

A l’attention de la direction générale de Kinross, Ontario, Canada

Objet : plainte

Je viens, par la présente, auprès de votre haute autorité administrative vous informer de la situation relative à mon licenciement par mon employeur Tasiast. Au commencement, je décris ce qui suit : « j’ai quitté le site de Tasiast, le 16 septembre, pour ma semaine de récupération que j ai passée avec ma famille qui réside à Nouakchott. Le 22 septembre, j ai quitté mon lieu de résidence, à 13h30, sans prendre mon déjeuner, pour me rendre à la direction de Tasiast, à Nouakchott, où le bus est stationné pour nous ramener vers le site.

En quittant précipitamment chez moi, je n’ai même pas eu le temps de déjeuner avec ma famille par crainte de finir tard et d’arriver ainsi en retard au lieu de rencontre du bus. A 14heures 45, le bus a pris le départ et nous nous sommes arrêtés à la première épicerie située sur notre route pour payer quelques provisions pour le trajet (des biscuits, du lait, du pain etc…). J’en ai profité pour acheter deux paquets de biscuits et une bouteille d’eau minérale pour pouvoir tenir, car je n ai pas pris le déjeuner, comme je l’ai dit plus haut.

A 19h40, nous sommes arrivés au site de Tasiast, et, à 20h00, je me suis dirigé vers le restaurant junior pour prendre mon diner. Là, je me retrouve devant le buffet, où je me suis servi un plat composé d’une sauce rouge et de viande de bœuf. Apres le dîner, je suis retourné dans ma chambre pour dormir. A 04h du matin, je suis réveillé par des douleurs au niveau du ventre. Ces douleurs sont accompagnées de vomissements et d’une diarrhée sévère.

Le 23.10.2010, à 07h30, je suis allé rejoindre mes collègues de la cuisine senior pour leur dire bonjour et prendre la fiche de consultation pour aller voir le médecin syrien de la place. Avant de me rendre dans le bureau de Monsieur Bâ, celui qui délivre les fiches de consultation, je me suis remis à vomir dans la cuisine.

Au moment où Monsieur Bâ me remplissait la fiche de consultation sur laquelle doivent être notées les raisons de la visite médicale, et aussi celui qui la remplit doit cocher la case correspondante, M. Khalifa Sy fit irruption dans le bureau et me demanda les raisons de ma présence. Je lui répondis que j’étais venu prendre la fiche de consultation pour aller voir le médecin, tout en lui expliquant ce qui m’est arrivé, après avoir dîné au restaurant junior, en lui faisant savoir que mon intoxication était sans doute consécutive à ce dîner. De là, Monsieur Khalifa commença à mal tourner le débat, en m’attaquant avec des mots déplacés, sans se soucier de la dégradation de mon état de santé. Il me rétorqua à plusieurs reprises par la phrase suivante, et je cite : pourquoi tu dis que c’est le plat consommé au restaurant junior qui t’a causé les vomissements et la diarrhée ? Il poursuivit en disant que j’ai ramené la diarrhée de Nouakchott.

Après ces propos malveillants à mon égard, il me menacera en ces termes : « si tu reviens voir le docteur, je te remettrai à la disposition du restaurant junior », ignorant complètement mon état de santé, dont il ne se souciait guère. Du coup, j’ai compris qu’il prépare quelque chose à mon encontre. Je lui ai répondu « vas y, fais- le, et la loi d’en décider de la suite ! »

A 09h, je suis retourné au centre de soins du site situé à l’intérieur de l’usine. Quelques temps après, je suis reçu d’abord par l’infirmier à qui j’ai relaté mes souffrances dans la nuit du 22.10.2010. Il me demanda ce que j’ai mangé comme déjeuner et dîner dans la journée et la nuit de ce jour. Je lui ai répondu comme je l’ai précisé plus haut. Après les questions, l’infirmier me demanda de le suivre dans le bureau du médecin pour lui faire le même résumé. Après cela, le médecin ordonna à l’infirmier de me prescrire une ordonnance et un repos médical.

Dans la nuit du 23.10.2010, j’ai senti l’arrêt de la diarrhée, mais les pieds me faisaient très mal m’empêchant même de rester debout trop longtemps. Alors, le matin du 24.10.2010, je me présente au bureau du médecin accompagné de l’infirmier, et je l’expliquais ce que j’ai ressenti la veille, en l’informant que je n’arrive pas à me tenir debout plus de dix minutes. Il me conseille devant l’infirmier de boire beaucoup et de continuer à prendre les médicaments, tandis que l’infirmier me demande d’aller prendre la fiche à l’office de la sécurité. Là, le chef de sécurité G4S a rempli la fiche (il reconnaitra ses écritures), et puis l’infirmier, à qui je l’ai remise, l’a déposée dans le bureau du médecin pour y apposer sa signature.

Puis, je reviens au camp, et je rentre dans la cuisine en tenue pour dire bonjour à mes collègues, avant de joindre le bureau de Khalifa Sy. Sur ce, arrive mon collègue Daouda Oumar Sow qui me dit que Khalifa Sy demande à me voir dans son bureau. Je lui ai répondu que je venais du bureau de ce dernier, mais qu’il n’y était pas, car la porte était fermée. Lorsque Sy apparut devant l’entrée de son bureau, il me demande d’appeler Daouda Oumar Sow. Ce que j’ai fait. Une fois dans son bureau, et sans me demander ni l’état de ma santé, ni ce que le médecin m’avait recommandé, il va directement dans le vif du sujet, en disant à Daouda qu’il a décidé de me mettre au restaurant junior.

Quand je lui ai demandé les raisons de cette décision, il a refusé de me le dire. Je lui ai répondue, dans ce cas, il enfreint la loi au détriment d’un malade.

J’estime, dans ce cas, que Khalifa a violé les dispositions des lois et règlements relatifs au travail, en mettant arbitrairement et unilatéralement un terme à mon contrat. Je pense que votre entreprise, qui est dotée d’un statut qui contient des règles générales de l’emploi qui régissent les conditions d’embauche, et déterminent les fonctions et les droits des travailleurs, n’acceptera pas qu’une tierce personne de la société utilise des formes d’autoritarisme qui ne correspondent pas aux lois du travail pour punir ou licencier des employés.

Je crois aussi que vous n’accepterez pas que des personnes comme Khalifa Sy continue de nuire à l’image de votre entreprise par son autoritarisme et les chantages qu’ils exercent sur certains employés du restaurant qui ne sont pas venus par un coup de piston de sa part.

Je rappelle encore que je suis recruté par mes compétences apprises à l’école, alors que, lui, Khalifa Sy ne fait que couvrir des employés qu’il a aidés à être recrutés. En l’absence de raisons valables face au non renouvellement de mon contrat, ce qui soit dit, en passant, est une violation des textes des lois relatives au travail, je sollicite votre intervention pour mon rétablissement.

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