Violation des Droits des travailleurs à la société TT Voyage

La société TT Voyage sous-traitante de la société chinoise ZTE pour la gestion des antennes de téléphonie mobile, est secouée ces derniers temps par une affaire de licenciements abusifs. Les travailleurs de cette société sont très remontés contre leur employeur, qui vient de licencier plus d’une dizaine de chauffeurs. Ainsi, ils ont décidé de saisir l’Inspection du travail afin qu’il intervienne dans le règlement de la crise qui sévit dans cette société.

Une crise, rappelons-le, aggravée par la décision de la direction de cette société de licencier plus d’une dizaine de leurs collègues. Ces derniers étaient soumis à des conditions de travail très précaires. En effet, ils travaillaient le plus souvent entre 20 heures et 15 heures d’affilées, ils étaient en déplacement 2 jours sur 3 sans paiement des heures supplémentaires ni prime de panier ni primes de déplacement. Ils ne sont pas déclarés à la CNSS et ne bénéficient d’aucune prime ni avantage de la part de ce sous-traitant. A cela s’ajoute le fait que leurs réclamations finissent le plus souvent dans les tiroirs de la direction sans aucune satisfaction.

Ces travailleurs ont adhéré à un syndicat en vue de constituer un collège de délégués du personnel. Et contre toute attente, à la date du 15 novembre courant, l’employeur a convoqué les travailleurs pour les menacer de licenciement en vue de les dissuader à appartenir à une organisation syndicale. L’employeur a voulu intimider ses travailleurs afin qu’ils renoncent à toute idée de se syndiquer.

Devant leur refus de renoncer à un droit sacré pour tout travailleur et défendu par la législation nationale et internationale du travail, l’employeur a fini par licencier verbalement 11 travailleurs. Et ceci en violation flagrante des dispositions des articles 266 et 267 du Code du Travail ainsi que la Convention N°87 et 98 du BIT en matière de liberté syndicale d’organisation et de négociation.

Il est donc clair que ces licenciements sont motivés par la seule volonté des travailleurs de s’affilier à une organisation syndicale en l’occurrence la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie. Visiblement, c’est l’appartenance des travailleurs à cette organisation syndicale qui a ébranlé cet employeur car il est conscient des violations des droits des travailleurs au niveau de sa société.

Par ailleurs, il faut souligner que cette société sous-traite un contrat d’un autre sous-traitant de la Chinguitel. Une situation qui viole de facto les dispositions de l’article 148 du Code du Travail.

Les autorités compétentes doivent nécessairement se saisir de ce dossier pour mettre fin à ces violations flagrantes des droits des travailleurs et pour apaiser le climat social tendu dans cette société.

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