Les femmes syndicalistes en première ligne

Le Centre de Formation pour la Promotion Féminine de Nouakchott, a abrité, ce jeudi 25 novembre une cérémonie commémorative de la Journée Internationale sur les violences faites aux femmes, organisée par la Coordination des femmes Syndicalistes (CGTM, CLTM et la CNTM).

Cette journée, rappelons-le, est dédiée à la lutte contre les violences dont sont victimes injustement les femmes à travers le monde. C’est lors de son Assemblée Générale du 17 décembre 1999, que les Nations-Unies ont adopté la résolution 54/134 proclamant le 25 novembre « Journée Internationale sur les violences faites aux femmes ».

La Confédération Syndicale Internationale (CSI), lors de son 2e Congrès, en juin dernier, à Vancouver, au Canada, s’est d’ailleurs engagée, à travers sa résolution sur l’égalité genre, à promouvoir une lutte intensive contre les violences faites aux femmes.

Organisée par la Coordination des Femmes Syndicalistes, qui regroupe les femmes des trois centrales syndicales à savoir, La Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM), la Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie (CLTM) et la Confédération Nationale des Travailleurs de Mauritanie (CNTM), avec le soutien de la Confédération Syndicale Internationale, cette rencontre a réuni, outre les représentants de ces organisations syndicales, des membres de la société civile, des militants des droits de l’homme, des élus, de la presse nationale et internationale et d’autres invités de marque.

Dans son discours d’ouverture, la Coordinatrice et Chef de Département Egalité à la CGTM, la camarade Mahjouba Mint Saleck, a reconnu que, de nos jours, de plus en plus de femmes dans le pays sont victimes de toutes sortes de discriminations et de violences. Elle a profité de l’occasion pour citer quelques cas de violences récurrentes à l’égard des femmes, notamment les travailleuses du secteur de l’économie informelle qui ne voient pas leurs efforts reconnus, et font l’objet de harcèlement sexuels. Les femmes domestiques qui sont réduites au silence et les travailleuses migrantes qui ne jouissent presque pas ou très peu de leurs droits.

Pour l’oratrice, ces femmes sont peu considérées, largement exploitées et généralement non protégées par la législation nationale du travail. Elle a évoqué la nécessité d’une synergie des efforts et une prise de conscience collective pour mettre un terme à ces pratiques qui nuisent gravement à l’évolution et au développement du pays.

Elle a également mis en exergue le rôle de la Coordination des Femmes Syndicalistes qui a décidé de faire de la lutte contre toutes les formes de violences à l’égard des femmes, une priorité. A travers un message aux autorités, elle n’a pas manqué de demander à celles-ci de prendre leurs responsabilités vis-à-vis de cette frange vulnérable, et que les coupables de violations soient sanctionnés.

A la fin de son intervention, c’était au tour des représentants des organisations syndicales de prendre la parole pour dénoncer publiquement les violences faites aux femmes, et d’indiquer quelques pistes pour y mettre fin.

Déjà ce qu’on peut dire c’est que ces organisations ont donné l’engagement de tout mettre en œuvre pour que ces pratiques disparaissent et d’aider les femmes syndicalistes à mieux faire valoir leurs droits.

Au cours de la célébration de cette journée, des participantes ont intervenu pour exposer leurs expériences sur les violations faite à l’égard des femmes. C’est ainsi que la représentante du Réseau des femmes Journalistes a dénoncé des nouvelles formes de violences qui sont récemment apparues et qui restent ignorées du grand public. Elle a loué les efforts des femmes syndicalistes pour le travail remarquable qu’elles font dans ce domaine, notamment par la sensibilisation et le plaidoyer.

Quant à la représentante des femmes handicapées, elle a d’abord remercié la CGTM, qui selon elle, est la seule centrale syndicale à s’intéresser à cette frange complètement marginalisée. Pour elle, la centrale n’a pas lésiné sur les moyens pour les former, les mobiliser et les organiser.

Cette cérémonie aura permis aux participantes, venues nombreuses, de mieux cerner la problématique des violences faite aux femmes dans le monde, en général, et en Mauritanie en particulier.

Le constat admis est que, pour mettre un terme à ces pratiques malsaines et intolérables, il est nécessaire d’élaborer et faire appliquer une loi-cadre énonçant clairement les mesures qui s’imposeront à l’encontre des auteurs de violences à l’égard des femmes.

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