Mauritrac: Les droits des travailleurs sur la mine de Tasiast, toujours malmenés

Cela fait bientôt une semaine que les travailleurs de la Mauritrac, opérant sur la mine de Tasiast pour le compte de la multinationale aurifère Kinross, ont été illégalement expulsés sans raison de leur lieu de travail. Depuis lors aucune réaction, ni de la part de la direction de la société, ni celle de Kinross, encore moins celles des autorités chargées de faire appliquer le droits du travail, n’a été enregistré.

Ces travailleurs ont juste mis en congé forcé en représailles au débrayage de 3 heures de temps qu’ils avaient observé le dimanche dernier pour protester contre les mauvais traitements infligés à leur collègue Fall et demander des meilleures conditions socioprofessionnelles. A noter que pour éviter d’affronter cette situation en toute responsabilité, la direction de la société ainsi que l’inspecteur du travail du ressort, ont attendu l’arrivée des travailleurs à Nouakchott, pour se rendre à Tasiast. De ce fait, les travailleurs n’ont à ce jour aucun interlocuteur crédible à qui ils peuvent demander des explications sur la situation complexe à laquelle ils sont confrontés.

Actuellement, pour le seul fait d’avoir osé revendiquer leur droit, tous les travailleurs mauritaniens ont été exfiltrés sans raison du chantier de la Mautitrac à Tasiat, où n’évoluent présentement que le personnel étranger surtout pour des travaux dont les qualifications sont disponibles localement. Il faut préciser que le sort réservé à ces travailleurs devient symptomatique du malaise profond qui prévaut sur la mine de Tasiast où les principes fondamentaux du droit du travail, sont bafoués à longueur de journée. Cette situation intervient le plus souvent sans que les autorités concernées ne daignent à lever le petit doigt. Ainsi, pour toute revendication, même banale formulée par les travailleurs au niveau de la mine, c’est la même réaction qui est préconisée. Une sanction disproportionnée et démesurée, telles sont généralement les caractéristiques de l’acharnement qui s’abat sur le travailleur qui ose réclamer son droit.

Dans ce cas, pour les autorités concernées notamment l’inspection du travail du ressort, au lieu de remplir scrupuleusement et convenablement le rôle qui est le sien, celui de veiller au respect de la législation nationale du travail ainsi que de contrôler l’application stricte de ses dispositions, ne fait que constater. Raison pour laquelle, nombreux sont ceux qui qualifient la situation au niveau de la mine de Tasiast, comme une zone sans droit ni loi, où l’impunité est érigé en mode de gouvernance. Sinon comment comprendre la récurrence des tensions sociales au niveau de la mine ?

Pour l’heure, les travailleurs de la Mauritrac sont toujours à Nouakchott, où seule la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie, à laquelle l’écrasante majorité d’entre eux adhère, est venue à leur chevet. L’organisation syndicale a promis de mettre en œuvre tous les moyens légaux afin que ces travailleurs soient rétablis dans leurs droits et ce dans les meilleurs délais. Les travailleurs quant à eux ont promis de renforcer leur mobilisation et à resserrer leur rang pour que cette injustice qui les frappe soit levée.

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